Le chantier c’est pas un crash test !

Publié le 4 février 2026

Chantier après chantier, le risque de heurt entre engins et piétons demeure l’une des principales causes d’accidents graves ou mortels dans le BTP, malgré une forte connaissance du danger par les professionnels. Avec sa nouvelle campagne nationale déployée début 2026, l’OPPBTP veut renforcer la vigilance collective et encourager des pratiques mieux maîtrisées. Retour sur les enjeux.

Un secteur encore fortement exposé au risque de collision

Si la mécanisation des chantiers contribue à améliorer la performance et à réduire la pénibilité, elle génère aussi un risque important lorsque les flux d’engins et de piétons se croisent. Les données recueillies par l’OPPBTP indiquent que chaque année, 10 à 20 accidents graves ou mortels liés aux heurts engin‑piéton surviennent dans le BTP. Les Travaux Publics concentrent à eux seuls 70 % de ces accidents, ce qui montre une exposition particulièrement élevée des équipes travaillant sur la voie publique ou en zones de circulation dense.

L’enquête de perception menée en septembre 2025 souligne également que 47 % des répondants travaillent quotidiennement à proximité d’un engin, et que 14 % déclarent avoir déjà vécu un heurt, directement ou indirectement. Les causes les plus citées renvoient à l’inattention du conducteur ou du piéton et aux problèmes d’organisation du chantier.


À retenir

La moitié des accidents de heurt engin‑piéton recensés sont mortels, un niveau de gravité particulièrement élevé (source : OPPBTP).

Ces chiffres témoignent d’une réalité préoccupante : si le risque est identifié, il reste souvent banalisé. L’écart entre la perception du danger et la réalité des pratiques de prévention met en évidence la nécessité d’une mobilisation accrue.

Une campagne nationale pour renforcer la prise de conscience et l’action

Pour la première fois, l’OPPBTP déploie une campagne nationale spécifiquement dédiée au risque de heurt engin‑piéton. Du 15 janvier au 14 mars 2026, cette opération, menée avec les organisations professionnelles, les syndicats, la Direction générale du Travail, l’Assurance Maladie et les SPST, a trois ambitions :

  • faire prendre conscience du risque,
  • sensibiliser tous les acteurs du chantier
  • promouvoir les bonnes pratiques organisationnelles, humaines et techniques.

Au cœur du dispositif, un concept visuel fort : « Le chantier, c’est pas un crash test », inspiré de l’univers automobile. Mannequins de tests et mises en scène sobres permettent d’interpeller sans dramatiser, tout en rappelant que chaque geste compte. La campagne adopte une approche multimédia, déclinée en affiches, vidéos, supports digitaux et kits pour les partenaires.

En parallèle, une mobilisation terrain est encouragée : les entreprises sont invitées à organiser un quart d’heure sécurité et à déclarer leur participation sur le site dédié. Ateliers sur les angles morts, analyses d’accidentologie, retours d’expérience, démonstrations de manœuvres ou solutions techniques : de nombreux événements régionaux viendront compléter l’effort national.

À travers cette campagne, l’OPPBTP souhaite rappeler que la prévention du risque de heurt engin‑piéton repose autant sur la vigilance individuelle que sur l’organisation collective du chantier. En renforçant la culture sécurité, en outillant les entreprises et en impliquant l’ensemble des acteurs, le secteur du BTP dispose de leviers concrets pour réduire durablement les accidents les plus graves.

En savoir plus :

L’OPPBTP enrichit pour l’occasion son offre d’outils : un module e-learning « ¼ d’heure sécurité », un guide de bonnes pratiques, plusieurs webinaires nationaux et une nouvelle formation dédiée au risque de heurt engin‑piéton :

https://www.preventionbtp.fr/campagne/heurt-engins-pietons